Règle no 1: Les plants doivent survivre
Règle no 2: La règle no 1 prime en tout temps.
Les champignons mycorhiziens sont des symbiotes obligatoires : sans plante hôte vivante, la culture s’arrête. À l’inverse, tant que la plante survit, le champignon établi en symbiose semble très résilient. En toutes circonstances, la survie de la plante hôte est indispensable.
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Éclairage
L’éclairage conditionne la photosynthèse et ultimement l’alimentation du champignon. Les plants sont éclairés 16 heures par jour à l’aide de lampes DEL General Electric modèle « GE Grow Light 40W Balanced Spectrum » et de rampes Sunblaster Horticultural Lighting. Les lampes sont placées environ 15 cm au-dessus des boîtes, ce qui assure une intensité lumineuse élevée sans dégagement de chaleur excessif.
Un principe de physique simple s’applique ici : l’intensité lumineuse reçue est inversement proportionnelle au carré de la distance. Une plante placée à 30 cm de sa source reçoit seulement 25 % de l’intensité reçue à 15 cm. C’est un facteur déterminant. Pour cette raison, les pétris sont permutés à chaque irrigation : ceux du bas montent et ceux du haut descendent, afin que tous reçoivent un éclairage équivalent.
Empilement

Les pétris sont empilés et placés sous une boîte de conserve (796 ml) percée d’une ouverture, afin de maintenir les racines et le polymère dans l’obscurité. N’importe quel autre couverture opaque avec une ouverture pour le feuillage conviendra aussi. Des disques de panneau alvéolaire noir (Coroplast) sont ajoutés par-dessus les pétris pour garantir l’absence totale de lumière. Chaque boîte repose sur une base de Coroplast pour faciliter les déplacements, et des étiquettes permettent de consigner les informations pertinentes.
Irrigation
L’objectif est de reproduire les conditions naturelles : les racines ont besoin d’eau, de minéraux et d’air (Oxygène, CO2 etc.). Le substrat doit donc alterner entre un état « gorgé de liquide » et un état « légèrement humide », en particulier du côté vermiculite.
L’irrigation se fait exclusivement avec la solution nutritive. La règle pratique consiste à peser les pétris après leur préparation et à rajouter de la solution dès qu’ils ont perdu environ 5 g (= 5 ml). L’irrigation peut aussi se gérer visuellement. En routine, sur des plants matures, l’irrigation se fait aux quatre jours environ.
Lecture de l’image à glissière : À gauche, immédiatement après l’irrigation, la vermiculite est gorgée de liquide — le milieu ressemble à un sol après la pluie. À droite, tout le liquide a été absorbé ; la vermiculite est encore humide, mais aucun liquide n’est visible sur le plancher du pétri. C’est le moment d’irriguer avant que les hyphes ne commencent à se dessécher.


La fréquence d’irrigation varie selon l’intensité lumineuse, la ventilation et l’espèce végétale. Il n’y a donc pas de règle absolue.
Début de culture avec plantule
Au montage initial, environ 8 ml de solution nutritive sont ajoutés sur la vermiculite pour bien la gorger. Avec un jeune plant à deux folioles seulement, une nouvelle irrigation n’est généralement pas nécessaire avant 8 à 10 jours. En début de culture pour l’établissement de la symbiose, l’humidité est critique : les échanges de signaux chimiques entre la plante et le champignon sont transportés par l’eau. Tout assèchement est à éviter. Dans le doute, un léger excès de liquide est préférable à un manque.
Culture de plants matures
Le moment idéal pour irriguer est lorsque presque toute la solution libre a été absorbée : les racines et les hyphes ont alors eu accès à l’oxygène, et le pétri peut être retourné pour observation au microscope.
Après le moment « idéal », les grains de polymère commenceront lentement à se déshydrater et se contracter. Si la déshydratation se prolonge indument, la contraction des grains causera la rupture des hyphes qui font les ponts entre plusieurs grains. De nombreuses observations empiriques montrent que les champignons ont tendance à « fermer définitivement » certains hyphes exposés à la sécheresse prolongée.
En pratique, l’irrigation s’effectue aux quatre jours, des deux côtés du pétri (vermiculite et polymère), en rajoutant la quantité de solution nécessaire pour retrouver le poids initial. Il est aussi conseillé de maintenir le feuillage à trois feuilles saines maximum (Plantago lanceolata) pour limiter l’évapotranspiration et espacer les irrigations.
Notez toutefois que lorsque la plante est bien établie et la symbiose est bien développée, le duo est très résistant tel que décrit dans la section « Mauvais traitements« .
Culture de vieux plants, plus de 3 mois.
Après plusieurs mois, le polymère se réhydrate moins bien et les racines deviennent très abondantes. Le poids du pétri peut même dépasser le poids initial à cause de la masse de raciens — à ce stade, on abandonne le suivi par pesée et on irrigue à l’œil, aux quatre jours, des deux côtés. Des pétris peuvent ainsi être maintenus plus de 12 mois.
Il est possible de remplacer le vieux polymère par du polymère frais : la plupart des espèces recolonisent rapidement le nouveau substrat, chacune à son rythme. Les vieux grains contenant de nombreuses spores peuvent souvent être utilisés comme inoculum pour de nouvelles cultures.
Vacances et résistance aux mauvais traitement
Des périodes d »abandon volontaire » pour raisons de vacances ont permis de tester la robustesse des cultures. Voici les résultats :
14 jours sans maintenance : Les plants ont été réduits à trois feuilles et abondamment irrigués avant le départ. Maintenus dans une pièce fermée sous éclairage de 16 h/jour, tous les plants et leurs champignons ont survécu. À la reprise, de nouveaux hyphes ont rapidement été produits depuis les racines.
30 jours sans maintenance : En décembre 2025–janvier 2026, 25 pétris bien colonisés ont été placés dans des sacs ziploc hermétiques au réfrigérateur à 4 °C dans l’obscurité totale. Trente jours plus tard, les 25 plants présentaient encore des feuilles turgescentes. Après remplacement d’une partie du vieux polymère et de retour sous éclairage, Rhizophagus irregularis, Funneliformis geosporus et Funneliformis mossae produisaient de nouveaux hyphes dès 10 jours.

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