Rhizophagus irregularis est le champignon modèle chez les glomeromycètes. Son nom de genre, Rhizophagus, suggère qu’il « mange » les racines, et le montage présenté démontre que ce titre est bien mérité : il lui a suffi de quelques jours pour envahir totalement une racine de Plantago lanceolata. Malgré cette caractéristique, il est considéré comme un champignon « ami », ayant presque toujours un effet global positif sur les plantes qui l’hébergent.
Le nom de l’espèce, irregularis, fait référence au fait que les spores ne sont pas homogènes en taille ni en couleur, ce qui peut mener à des confusions avec d’autres espèces.
En 2026, vous trouverez aussi le nom de Rhizoglomus irregulare sur le site de Mycobank, une référence majeure dans le domaine. Dans le passé, ce champignon a aussi porté le nom de Glomus irregulare.
Ce champignon est très facile à cultiver dans le polymère. Il est très agressif, en ce sens qu’il tend à coloniser rapidement les racines hôtes. Il produit une abondance d’hyphes et de spores facilement identifiables dans le polymère, ainsi que, au sein des racines, une abondance de vésicules facilement observables, même dans les racines vivantes. Il résiste bien au réfrigérateur et supporte aussi des séjours courts au congélateur domestique (-16 °C).
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Résistance 58 jours au réfrigérateur
Trois plants de Plantago lanceolata colonisés par Rhizophagus irregularis ont bien survécu à un séjour de cinquante-huit (58) jours à l’obscurité dans un réfrigérateur à 4 °C.
Une longue absence du laboratoire, sans personne pour s’occuper des cultures, a donné lieu à une expérience improvisée : trois (3) boîtes de Petri de P. lanceolata bien colonisées par Rhizophagus irregularis ont été placées dans un sac de congélation Ziploc bien scellé, puis déposés au réfrigérateur. On s’attendait à ce que les plants meurent, quitte à réutiliser les racines colonisées au retour pour redémarrer les cultures. Ces trois plants étaient en culture depuis douze (12) mois; la densité de racines dans la boîte de Petri était donc forte et les plants en pleine forme. Le champignon était lui aussi abondant dans le polymère.
Contre toute attente, les trois plants ont survécu à ce séjour de 58 jours et ont repris leur croissance dès leur retour sous l’éclairage de culture (DEL) régulier. Le vieux polymère a alors été retiré et remplacé par du polymère frais, non colonisé, afin de vérifier si le champignon était toujours actif. Une observation réalisée 46 jours après ce remplacement confirme que les trois plants sont sains, avec un feuillage normal et abondant. Le champignon a intensément recolonisé tout le polymère et produit une abondance de nouvelles spores : tant la plante que le champignon se portent visiblement très bien.
Ce résultat ne laisse aucun doute : les racines, les spores, ainsi que les grains de polymère colonisés permettent de redémarrer une nouvelle génération. Voici une photo des nouvelles spores dans le nouveau polymère.

Microscopie
R. irregularis se colore aisément avec la méthode Encre et vinaigre, ce qui permet de détecter facilement les hyphes intraracinaires, les vésicules ainsi que les arbuscules.

Hyphes actifs et scellés
Après un certain temps de culture, le champignon retire le contenu de certains hyphes et les scelle. Les raisons de ce comportement demeurent incertaine, mais on l’observe couramment. Dans le même voisinage, des hyphes bien actifs peuvent poursuivre leurs activités. Sur l’image qui suit, la culture a un peu plus de 8 mois; on y trouve des hyphes scellés, vides et d’autres bien actifs.


