Arbuscule de Funneliformis geosporus, coloré avec la technique Encre et vinaigre.
Ce champignon s’avère assez facile à cultiver et à multiplier. Il produit une abondance d’hyphes dans le polymère ainsi que de nombreuses spores, à la fois dans le polymère et dans la vermiculite. Il est possible de redémarrer sans difficulté une nouvelle génération à partir de grains de polymère contenant des spores et l’établissement de la culture se fait rapidement.
On distingue souvent trois types de spores dans le polymère : 1) de grosses spores jaunes, typiques de l’espèce; 2) de grosses spores blanches, dont la nature reste incertaine — il pourrait s’agir de spores immatures ou d’une autre structure; et 3) de petites spores blanchâtres, souvent partiellement vides, dont l’origine demeure elle aussi à déterminer. Un suivi photographique régulier permettrait sans doute d’éclaircir cette question; il s’agit d’une belle piste d’observation à explorer.
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- Résistance 33 jours au réfrigérateur
- Comparaison engrais commercial 30-10-10 vs M2P
- Microscopie
- Champignon aérobique
- Notes sur une culture agée de huit mois
Résistance 33 jours au réfrigérateur
Trois plants de Plantago lanceolata colonisés par F. geosporus ont survécu à un séjour de trente-trois (33) jours à l’obscurité dans un réfrigérateur à 4 °C.
Une longue absence du laboratoire, sans personne pour s’occuper des cultures, a donné lieu à une expérience improvisée : trois (3) boîtes de Petri de P. lanceolata bien colonisées par F. geosporus ont été placées dans un sac de congélation Ziploc bien scellé, puis déposés au réfrigérateur. On s’attendait à ce que les plants meurent, quitte à réutiliser les racines colonisées au retour pour redémarrer les cultures. Ces trois plants étaient en culture depuis trois (3) mois; la densité de racines dans la boîte de Petri était donc forte et les plants en pleine forme. Le champignon était lui aussi abondant dans le polymère.
Contre toute attente, les trois plants ont survécu à ce séjour de 33 jours et ont repris leur croissance dès leur retour sous l’éclairage de culture (DEL) régulier. Le vieux polymère a alors été retiré et remplacé par du polymère frais, non colonisé, afin de vérifier si le champignon était toujours actif. Une observation réalisée 46 jours après ce remplacement confirme que les trois plants sont sains, avec un feuillage normal. Le champignon a intensément recolonisé tout le polymère et produit une abondance de nouvelles spores : tant la plante que le champignon se portent visiblement très bien.
Ce résultat ne laisse aucun doute : les racines ou les spores permettent de redémarrer une nouvelle génération. Voici deux images du nouveau polymère :


Comparaison engrais commercial 30-10-10 vs M2P
Un essai comparatif de performance entre un engrais commercial 30-10-10 et la solution M2P a été réalisé avec F. geosporus et R. irregularis. Les détails sont décrits sur la page des expériences diverses, accessible ici. En voici la conclusion :
La croissance des plants a été très rapide et les boîtes de Petri irriguées au 30-10-10 se sont desséchées (trop) rapidement, ce qui semble avoir nui à F. geosporus qui semble moins « rapide » que R. irregularis pour coloniser les racines. Dès qu’une racine est colonisée, les deux champignons croissent rapidement et résistent bien à la sécheresse. Plusieurs boîtes de Petri de F. geosporus ont accusé un net retard de colonisation, probablement en raison de la sécheresse; une fois celle-ci résolue, la production d’hyphes et de spores redevenait bonne.
Les boîtes de Petri de F. geosporus avaient été inoculées avec des grains de polymère colonisés et cet inoculum s’est avéré performant.
Microscopie:
Les petites spores blanches sont difficiles à classer. On observe beaucoup de petites spores blanches et beaucoup de grosses spores orangées, mais peu de spores intermédiaires. Les petites spores blanches semblent souvent à moitié vides ou partiellement transparentes — une belle piste à approfondir. Les hyphes présentent quant à eux une circulation bidirectionnelle typique, facile à observer.

La coloration selon la méthode Encre et vinaigre fonctionne bien avec ce champignon : elle permet de distinguer aisément les hyphes, les vésicules et les arbuscules.


Champignon aérobique
F. geosporus semble présenter un comportement partiellement aérobique. La photo suivante illustre une boîte de Petri âgée de huit (8) mois : le champignon y a produit de nombreuses spores en milieu aéré, sur et dans la vermiculite, ainsi qu’à la surface et à l’intérieur des grains de polymère. La surface de la vermiculite, à l’intérieur de la boîte de Petri, constitue un micro-environnement humide puisque le couvercle demeure toujours en place. Notons que certaines spores, non illustrées ici, se trouvent directement sur les racines.

Culture long terme: huit mois
La culture de Funneliformis geosporus avec la plante hôte Plantago lanceolata peut s’étirer aisément sur huit mois, et probablement bien au-delà. Plusieurs boîtes de Petri de P. lanceolata ont été inoculées avec des grains de polymère colonisés en septembre 2025 afin de comparer différents fertilisants. Au terme de l’expérience, quelques boîtes de Petri irriguées au M2P ont simplement été conservées jusqu’en mai 2026, soit environ huit (8) mois. Les plants se portent encore très bien, et en mars 2026, quelques grains colonisés ont permis de démarrer avec succès de nouvelles cultures.
À ce stade, après huit mois de culture, l’observation des trois boîtes de Petri restantes permet de dégager les éléments suivants :
Il y a des spores partout dans les boîtes de Petri (non illustré) : on observe des spores du côté polymère, dans les grains eux-mêmes et sur le plancher de plastique de la boîte de Petri. Du côté vermiculite, on en trouve à la surface ainsi qu’autour des racines, en retournant la boîte de Petri. On peut en déduire que la vermiculite en contient elle aussi un grand nombre, bien que l’extraction n’ait pas été réalisée : les grains de polymère colonisés suffisent généralement à relancer des cultures.
La densité des hyphes peut devenir très intense, presque « cotonneuse » tellement il y a de nombreux hyphes dans certaines portions de la boîte de Petri, surtout proche de la membrane mitoyenne. La densité des hyphes n’est pas homogène, elle est forte proche de la membrane mitoyenne et va en diminuant en s’en éloignant.

De très nombreux hyphes sont vides. La forte majorité d’entre eux sont vides et souvent scellés par une petite paroi interne. Il faut chercher longuement pour trouver un hyphe encore actif.

Certains hyphes sont devenus très épais. Les plus vieux hyphes sont probablement les plus épais : aucun hyphe ainsi épaissi n’a été observé dans une jeune boîte de Petri, ce qui laisse penser qu’ils s’épaississent avec le temps. Ici, l’hyphe épais est vide, mais des hyphes épais à circulation très active ont aussi été observés.

Aucune vésicule n’est observable. L’observation directe au microscope ou à la loupe binoculaire ne permet pas de détecter de vésicules ni d’arbuscules dans les racines vivantes, contrairement à R. irregularis, où les vésicules sont souvent très apparentes.
La densité des contaminants affecte très peu les observations et ne semble pas non plus nuire aux cultures. À fort grossissement, on peut aisément observer des bactéries mobiles ainsi que des protistes qui s’en nourrissent probablement. L’origine exacte de ces contaminants n’est pas connue, mais ils sont présents un peu partout dans l’air et sur les matériaux.
On observe aussi souvent une présence légère d’algues microscopiques sur la vermiculite, là où celle-ci est exposée à la lumière; ces algues n’atteignent toutefois pas le polymère.
Habituellement, on ne connait pas l’identification des contaminants et il existe potentiellement des milliers d’espèces contaminantes possibles. Il existe certainement des contaminants qui pourraient nuire aux cultures, mais en général, en apparence, les cultures résistent bien à leur présence.

